Réparer les appareils, soigner nos clients et relancer nos entreprises

par Jean-Louis BOSSARD, FEDELEC, Président Délégué Electronique

Grèves, manifestations, moral en berne de la population… ce climat incertain et anxiogène nuit à nos petites entreprises, qui affichent une baisse depuis de nombreux mois. Il nous faut trouver des
solutions pour sortir de cette morosité et retrouver l’équilibre. Or il existe des leviers d’actions.

L’un de nos grands combats est la réparation des appareils. FEDELEC œuvre pour faire renaître ce marché et il est important de voir tout ce qui a déjà été acquis. La loi Hamon de 2014 relative à la consommation a remis au devant de la scène la question de la réparabilité, faisant notamment entrer en vigueur des mesures portant sur les pièces détachées. Cette loi a indéniablement conforté et encouragé un processus vertueux. Par la suite, à l’invitation du Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, FEDELEC a participé aux travaux de la Feuille de Route Economie Circulaire. Les entreprises de la réparation électrodomestique, soutenues par les représentants de l’Artisanat et par les ONG environnementales, ont appelé le Gouvernement à inscrire dans la FREC des mesures ambitieuses en faveur de la réparation, répondant aux objectifs d’allongement de la durée d’utilisation des appareils. De même, FEDELEC a participé aux travaux sur l’indice de réparabilité, dont la création est inscrite dans la Feuille de Route Economie Circulaire. Enfin, FEDELEC a pris une part active dans le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire et a déposé plusieurs amendements dont 4 ont été adoptés. Affaire à suivre.

Certaines entreprises ont déjà pris en compte l’importance de s’engager dans une démarche respectueuse de l’environnement. Et depuis plusieurs années, nous constatons un revirement de beaucoup de consommateurs : les particuliers sont de plus en plus nombreux à prendre conscience de la possibilité de réparer et de l’intérêt à le faire. Nous avons ainsi, avec le dépannage, une porte d’entrée vers nos clients. Mais notre intervention ne se limite pas à cela. Le consommateur est en train d’évoluer et il est en demande de repères. Il a besoin de tiers, d’amis, d’un système de marquage d’informations qu’il estimerait loyal. Imaginons pour notre secteur une sorte d’application Yuka qui permettrait, en flashant un produit, d’évaluer sa réparabilité et de recueillir des avis. Quant au facteur relationnel, depuis les rencontres des gilets jaunes sur les ronds-points, il semble évident que les Français redécouvrent l’intérêt de la proximité. Des gens de proximité ? Nous en sommes, nous les FEDELEC, que nous ayons un commerce ou que nous rendions visite aux domiciles de nos clients. Nous revendiquons cette proximité par rapport aux grands groupes et à internet. Nous affichons une plus-value certaine : nous pouvons livrer, installer et réparer. Mais nous allons plus loin : on peut considérer que nos métiers s’orientent vers le service à la personne, car tous les jours nous répondons aux demandes variées de nos clients qui ont des soucis avec la technologie. Pour beaucoup d’entre nous, ces interventions, qui contribuent à fidéliser notre clientèle, représentent 80% du travail quotidien, avec une gamme étendue de prestations, des services personnalisés, des délais rapides et un contact humain privilégié.

Il devient donc indispensable de développer des systèmes qui donnent au consommateur des éléments de repérage rapide et aisé, comme il est indispensable que nous poursuivions les relations de confiance que nous savons établir avec nos clients. FEDELEC continue d’œuvrer en ce sens, au service de l’environnement, du consommateur et de nos professions.