Tous en bleus jaune-et-vert pour les «JE VEUX» ?

Par Philippe Goj,
Président de FEDELEC

Les numéros guide sont l’occasion d’interroger les « conducteurs » de nos filières sur leurs visions et leurs vœux.
Après avoir déposé nos casques de chantier sous l’Arche de la Défense, transpiré sous nos bonnets rouges, passé nos Nuits Debout, dépavé nos champs en gilet jaune, comment adresser nos « JE VEUX » au-delà des hommes « faits d’Elec » ?
Enfilons tous nos bleus (de chantier) bi-colorisés pour l’occasion en jaune-et-vert.
C’est la couleur de la protection, du bon rattachement à la terre, des liaisons indispensables entre tous les potentiels.

CE QUE NOUS VOULONS : DÉVELOPPER LA SÉCURITÉ DOMESTIQUE

En détection incendie, les DAAF sont une première étape mais mal maitrisée. Les pays plus consciencieux ont constaté une baisse de la mortalité. Poussons nos exigences vers des détecteurs de flamme et de monoxyde de carbone couplés.
Après les avancées significatives des diagnostics vente puis location, nous travaillons à présent sur celui des parties communes.
Citons enfin les normalisations et recommandations des DPDA (Dispositifs Pour Détection défaut d’Arc) à faire mieux connaître avec nos partenaires.

CONTRIBUER AU DÉVELOPPEMENTDURABLE

L’éco-conception et la réparation sont les premières démarches pour limiter les déchets.
Les filières de recyclage et les fabricants doivent s’engager davantage à soutenir la réparation du matériel électroménager. FEDELEC a émis des recommandations dans ce domaine :
mise en place d’un indice de réparabilité, prix des pièces détachées, accès aux outils et à la documentation technique.

DÉCAPITER L’HYDRE DES « DIS-QUALIFICATIONS »

Le comble est-il atteint avec une qualification pour installer des bornes de recharge à 250 euros ? Bientôt, pour un chantier habituel, « on » nous exigera une qualification pour le photovoltaïque de 1kW, une deuxième pour la borne de recharge, une troisième pour les fluides du « chauffe-eau». A quand la qualification « LED » pour les luminaires, « protection » pour le tableau, et « ventilation » pour la VMC ? Un chantier « électricien » qui ne représente que quelques milliers d’euros se retrouve découpé en une myriade de qualifications qui n’existe nulle part ailleurs. Elles sont de plus attachées aux personnes et disparaissent lorsqu’elles quittent l’entreprise. Ce type d’approche favorise les grandes structures au grand dam et détriment de nos très petites entreprises.

Ces « VEUX » là sembleront un peu… terre à terre. Aussi terminons par « l’intelligence » et le « connecté ».

MAINTENIR NOTRE FRATERNITÉ

Cela fait longtemps à FEDELEC que nous savons qu’il existe des électriciens et des électroniciens des villes et des électriciens et des électroniciens des champs. Leur manière d’aborder le métier n’est pas forcément la même. Ce fait n’est pas spécifique à une catégorie socio-professionnelle ou à une classe de la société française. Dans notre fédération cela fait plus de 90 ans que nous cultivons cette osmose indispensable.
Souhaitons à tous nos concitoyens de retrouver un peu de cet esprit qui fait nation et que les jaunes et les verts s’entremêlent à nouveau, pour nous protéger, et nous rappeler que nous partageons et sommes connectés à une même terre de France et d’Europe.