Rapport de branche 2024 : un état des lieux essentiel pour les artisans et TPE du secteur électronique
Le rapport de branche des Commerces et Services de l’Audiovisuel, de l’Électronique et de l’Équipement Ménager, paru en novembre 2025, confirme une tendance de fond : la réparation n’est plus une activité de soutien, mais un moteur central du secteur
Un secteur ancré dans l’économie circulaire
Loin d’être un marché de niche, la réparation structure le maillage local de la branche. Sur les 21 795 entreprises recensées en 2024, le secteur de la réparation occupe une place prépondérante
- Réparation d’appareils électroménagers (NAF 9522Z) : 3 926 entreprises, soit 18 % du total de la branche
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Réparation de produits électroniques grand public (NAF 9521Z) : 2 234 entreprises, représentant 10 % du secteur
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Ces structures sont le cœur battant de la proximité : 55,5 % des entreprises employeuses comptent seulement 1 à 2 salariés
Dynamiques de marché : l’essor du “réflexe réparation”
L’année 2024 a été marquée par une croissance globale du marché de l’équipement de la maison (+1 %, soit 9,6 milliards d’euros)
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Le Petit Électroménager (PEM) explose avec une hausse de +8 % en valeur
. La croissance fulgurante de segments comme la cuisson des aliments (+24,4 %) et l’entretien des sols (+11,4 %) promet une augmentation mécanique des besoins en maintenance dans les années à venir . -
Face à un recul du Gros Électroménager (-3,9 %), notamment sur le froid et la cuisson, les consommateurs privilégient de plus en plus la réparation à l’achat neuf, renforçant le rôle crucial des techniciens SAV
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Défis sociaux : fidéliser et diversifier les talents
Le secteur emploie 68 427 salariés, une force de travail stable mais confrontée à des enjeux de renouvellement
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Sécurité de l’emploi : La branche reste un modèle de stabilité contractuelle avec 89 % de CDI et 91 % de temps complet
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Le défi de la mixité : Le métier reste très masculin (66 % d’hommes), avec un renforcement de cette tendance en 2024 (+1 point)
. Pour les représentants de la réparation, l’ouverture des métiers techniques aux femmes est un levier majeur pour répondre aux tensions de recrutement. -
Formation : L’investissement dans l’apprentissage (via l’IDCC 1686) est vital pour transmettre les savoir-faire complexes liés aux nouvelles normes de réparabilité
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2026, l’année du basculement vers le réflexe réparation
À l’aube de cette année 2026, le rapport de branche 2025 nous laisse un message clair : l’artisan-réparateur n’est plus un simple exécutant technique, il est devenu le pivot de la consommation responsable.
L’entrée en vigueur, ce mois-ci, de l’Indice de Durabilité et le renforcement des directives européennes sur le “Droit à la réparation” marquent une victoire historique pour notre profession. En facilitant l’accès aux pièces détachées et en rendant la conception des produits plus modulaire (notamment pour les batteries), le législateur valide enfin le modèle que nous défendons : celui de la proximité, de la compétence technique et de la lutte contre le gaspillage.
Toutefois, ce nouveau paradigme nous impose deux défis majeurs pour 2026 :
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La compétitivité par le service : Avec un bonus réparation désormais ancré dans les habitudes de consommation, nous devons transformer cet avantage financier en une fidélisation durable des clients, en nous positionnant comme les seuls tiers de confiance capables de certifier la longévité d’un appareil.
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L’attractivité du métier : La hausse de la demande de “soins” pour les produits électroniques nécessite des bras et des cerveaux. Face à la revalorisation du SMIC au 1er janvier et aux tensions sur les talents, notre branche doit plus que jamais investir dans l’apprentissage et l’inclusion, pour faire de la réparation un métier d’avenir, mixte et hautement qualifié.
En 2026, être réparateur, c’est exercer un métier d’utilité publique. Forts de notre ancrage territorial et de notre expertise, nous avons toutes les cartes en main pour faire de l’économie circulaire une réalité économique rentable pour nos TPE et bénéfique pour tous les foyers.