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Forum Réparation 2026 : FEDELEC au cœur des enjeux économiques et réglementaires pour les artisans


Le 7 juillet 2026, l’ADEME a organisé le Forum Réparation au Digital Village de Paris, un événement majeur pour structurer la filière de la réparation en France. Gilles Saint-Didier, président délégué de FEDELEC, y a représenté les professionnels de l’électronique, confirmant leur engagement dans une démarche collective pour rendre la réparation durable, rentable et accessible. 

Gilles Saint-Didier

16 juillet 2026

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Une filière en pleine mutation : entre croissance et contraintes

Le Forum Réparation 2026 a mis en lumière une dynamique positive pour le secteur. Selon l’étude présentée par l’ADEME et le cabinet Forvis Mazars, les acteurs de la réparation ont connu un taux de croissance moyen de +51 % du volume de réparation entre 2020 et 2024. Une progression portée par une demande croissante des consommateurs, de plus en plus sensibles aux enjeux écologiques et économiques de la réparation plutôt que du remplacement.

Pourtant, cette croissance s’accompagne de défis structurels. Les marges restent faibles, avec des coûts directs (masse salariale et pièces détachées) représentant 73 % des dépenses. Les coûts indirects, bien que moins visibles, pèsent également sur la rentabilité des ateliers. La pénurie de réparateurs qualifiés, le vieillissement de la profession (1 réparateur sur 2 a plus de 50 ans), et la complexité croissante des produits (notamment électroniques) rendent la transmission des compétences et le recrutement des enjeux majeurs.

Les artisans doivent également composer avec des délais et des coûts imprévisibles pour l’approvisionnement en pièces détachées, ainsi qu’avec des procédures constructeurs chronophages, notamment pour les réparations sous garantie. Ces contraintes opérationnelles pèsent sur la productivité et la qualité de service.

Les annonces réglementaires : vers un cadre plus favorable à la réparation

La transposition de la directive européenne (UE) 2024/1799

L’un des temps forts du forum a été la présentation des nouvelles obligations européennes issues de la directive (UE) 2024/1799, qui vise à renforcer le droit à la réparation pour les consommateurs. Parmi les mesures phares :

  • Prolongation de la garantie légale de conformité d’un an en cas de réparation, avec une information systématique du consommateur sur cette possibilité.
  • Obligation pour les fabricants de réparer certains produits à un prix et dans un délai raisonnables, avec une interdiction d’entraver l’accès aux pièces détachées pour les professionnels.
  • Mise en place d’un formulaire européen d’information sur la réparation, fourni par les réparateurs aux consommateurs, ainsi qu’une plateforme en ligne européenne pour faciliter l’identification des réparateurs.

Ces dispositions seront intégrées au projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne (DDADUE) 2026/2027, avec une phase de consultation publique à venir. Les professionnels sont invités à contribuer activement pour que ces mesures répondent aux réalités du terrain.

Le règlement ESPR et ses implications pour les artisans

Le règlement européen sur l’écoconception des produits durables (ESPR), publié en juin 2024, a également été au cœur des discussions. Ce texte impose des exigences de réparabilité pour une large gamme de produits (électroménager, électronique, moyens de transport léger, etc.). Parmi les nouveautés :

  • Un passeport produit numérique, outil de traçabilité et de transmission d’informations tout au long de la chaîne de valeur.
  • Des actes délégués sectoriels pour fixer des exigences spécifiques par catégorie de produits, avec un calendrier ambitieux : les premières mesures concerneront les produits liés à l’énergie (2026-2030), le textile (2027), les meubles (2028), et la réparabilité (2027).

Pour les artisans, ces évolutions représentent une opportunité de se positionner comme des acteurs clés de l’économie circulaire. Cependant, elles nécessitent une adaptation rapide aux nouvelles normes, notamment en matière de formation, d’outillage et de gestion des pièces détachées.

Extrait présentation ADEME – Forum réparation “Les productions”

Extrait présentation ADEME – Forum réparation “Les productions”

Les modèles économiques de la réparation : 4 archétypes pour s’inspirer

L’étude présentée lors du forum a identifié 4 archétypes de modèles économiques pour la réparation, chacun avec ses forces et ses défis :

  • La réparation comme activité majoritaire : Les ateliers spécialisés, pour qui la réparation représente plus de 50 % du chiffre d’affaires. Leur équilibre repose sur la productivité, la maîtrise des coûts et la qualité d’exécution.
  • Le modèle hybride ancré dans l’économie de marché : Les entreprises pour lesquelles la réparation est une activité secondaire, mais qui soutiennent une proposition de valeur plus large (vente, installation, maintenance).
  • Le modèle hybride ancré dans l’ESS : Les structures de l’économie sociale et solidaire, où la réparation est un levier au service d’une mission (insertion, lutte contre le gaspillage, etc.).
  • Le modèle de l’abonnement : Les réparateurs proposant des forfaits ou abonnements pour des services récurrents, avec une logique de prévention et de fidélisation.

Ces archétypes montrent que la réparation peut s’intégrer dans des stratégies variées, à condition de bien en maîtriser les coûts et les contraintes.

Les recommandations pour les artisans : s’adapter et innover

Face à ces enjeux, le forum a permis de dégager 7 leviers d’action pour les professionnels :

  • Diversifier les activités : Élargir son modèle économique au-delà de la réparation (reconditionnement, vente de pièces, location, etc.).
  • Optimiser et simplifier les processus : Fluidifier le parcours de réparation, du diagnostic à la restitution, pour réduire les temps non productifs.
  • Coopérer entre acteurs : Mutualiser les commandes de pièces, les outils ou les compétences pour réduire les coûts et améliorer la réactivité.
  • Améliorer l’attractivité et la visibilité : Mettre en avant le sens du métier de réparateur via des campagnes de communication et une meilleure reconnaissance.
  • Investir dans la formation : Structurer des parcours de formation adaptés aux besoins de la filière, avec un accent sur la transmission des compétences.
  • Rendre le Bonus Réparation plus accessible : Inciter les consommateurs à réparer en simplifiant l’accès à ce dispositif.
  • Réfléchir au « juste prix » : Engager une réflexion collective pour concilier acceptabilité pour les consommateurs et rentabilité pour les réparateurs.

L’ADEME et les participants ont également proposé 3 mesures phares à destination de l’État :

  • Lancer une campagne nationale de communication en faveur de la réparation.
  • Instaurer une TVA circulaire à 5,5 % pour les actes de réparation.
  • Rendre le Bonus Réparation plus attractif pour les professionnels.

Pour Gilles Saint-Didier, la participation de FEDELEC à ce forum s’inscrit dans une démarche d’accompagnement des artisans vers ces nouvelles réalités. “La réparation est un levier stratégique pour nos métiers, mais elle nécessite un cadre réglementaire clair, des outils adaptés et une formation continue“, a-t-il souligné.

Prochaines étapes : anticiper et agir

Les mois à venir seront décisifs pour la filière. Les artisans sont invités à :

  • Se tenir informés des évolutions réglementaires et des dispositifs d’accompagnement (Bonus Réparation, formations, etc.).
  • Participer aux consultations publiques pour faire entendre leur voix.
  • Investir dans la formation et l’outillage pour répondre aux nouvelles exigences techniques.
  • Collaborer avec les autres acteurs (fabricants, distributeurs, éco-organismes) pour faciliter l’accès aux pièces détachées et aux informations techniques.
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