Les économies d’énergie : l’éclairage

L’éclairage d’un local commercial (ou autre) répond à plusieurs utilités. Il est essentiel pour le confort et la santé des salariés. C’est également un outil de commercialisation de première importance. En effet, l’éclairage a un fort rôle marketing en structurant l’espace : l’éclairage de la façade / la vitrine, l’éclairage d’ambiance, l’éclairage spécifique d’indication (caisses, cabines…) et l’éclairage d’accentuation (sur certains produits) sont particulièrement important pour toute activité commerciale.

Un investissement dans des équipements plus performants et moins consommateurs d’énergie (mais certes plus chers à l’achat que des équipements standards) se révèle rapidement très rentable. Ainsi, selon le type d’alimentation, de luminaires et d’auxiliaires choisis, le différentiel de consommation d’électricité, pour un confort égal, peut dépasser 50 %.

Source : Association Française de l’Eclairage.

Un double gain financier peut être attendu d’une rénovation des dispositifs d’éclairage. D’une part, une économie d’énergie et d’autre part, une augmentation du chiffre d’affaire.

A titre d’illustration, voir les retours d’expérience du dispositif ” Commerçant éclairés ” mené en Normandie par un partenariat ADEME / CCI.

Comment faire des économies d’énergie en matière d’éclairage ?

Les bonnes pratiques en matière d’éclairage

Le premier gisement d’économies d’énergie réside dans le comportement éco-citoyen et la prise de conscience de toutes les personnes présentes sur le site de l’entreprise : personnels, clients, sous-traitants, etc.

De nombreuses recommandations formulées aux particuliers en matière d’éclairage sont transposables aux entreprises, en particulier aux PME et TPE :
– Consultez le ” Guide Equipements électriques” de l’ ADEME.
– Le Syndicat de l’éclairage peut vous conseiller sur l’éclairage des bureaux, commerces et locaux industriels.
– Consultez les guides “Mieux s’éclairer à coûts maîtrisés” et “Eclairage industriel” sur www.syndicat-eclairage.com

Optimiser l’éclairage existant (naturel et artificiel) :

  • Faire nettoyer régulièrement les vitres, les lampes, abats-jours, etc.
  • Placer les postes de travail de façon à profiter au mieux de la lumière naturelle, concorder zones à éclairer et activité afin de gérer au mieux les zones à éclairer.
  • Mettre en place des commandes d’éclairage indépendantes “côté vitrages” afin d’adapter au mieux la luminosité en fonction de l’éclairage naturel.
  • Nettoyer et faire repeindre régulièrement les locaux dans des tons clairs,
  • Eteindre les lumières en quittant les bureaux, ateliers, etc.
  • Les systèmes de gestion : dans les locaux occupés par intermittence il peut être utile de mettre en place un détecteur de présence tout en veillant à conserver une commande manuelle pour que les occupants puissent intervenir sur l’éclairage.

La réglementation des équipement d’éclairage: Les normes et programmes

Norme d’éclairage intérieur NF EN 12464-1 (juin 2003)

La norme prend en compte 260 types de locaux et précise pour chacun d’eux, l’éclairement moyen à maintenir, la valeur unifiée de l’éblouissement et l’indice minimal de rendu des couleurs. Après analyse de la situation, le bureau d’études qui accompagne l’entreprise dans la mise en place de cette norme, établit pour chaque local des prescriptions précises sur les luminaires et les systèmes de gestion de l’éclairage.

L’application de la norme d’éclairage intérieur NF EN 12464-1 permet d’assurer confort et ergonomie des locaux. C’est une garantie en termes de conditions de travail et elle permet au chef d’entreprise d’assurer un suivi des coûts d’exploitation qui peut permettre des gains énergétiques.

Norme d’éclairage des lieux de travails extérieurs NF EN 12464-2 (Octobre 2007)

La norme fixe des exigences relatives à l’éclairage des postes de travail extérieurs, qui répondent aux besoins requis pour garantir confort et performances visuels. Toutes les tâches visuelles courantes sont prises en compte.

Programme Greenlight

La Commission européenne a lancé, en février 2000, Greenlight, un projet d’action volontaire destiné à encourager des solutions d’éclairage performantes sur les plans du confort et de la maîtrise de l’énergie.

L’ADEME est le pilote de Greenlight pour la France. Les entreprises qui s’engagent doivent réduire la consommation de leur système d’éclairage d’au moins 30% en 5 ans. Elles peuvent bénéficier d’un accompagnement de l’ADEME et afficher leur participation au programme en utilisant le logo green light.

Le point sur l’éclairage extérieur

Publicités, enseignes et pré-enseignes lumineuses

La législation réglemente l’éclairage nocturne des publicités, pré-enseignes et enseignes lumineuses depuis juillet 2012 et l’éclairage nocturne des bâtiments non résidentiels depuis le 1er juillet 2013.

Ainsi, dans les unités urbaines de moins de 800 000 habitants, les publicités lumineuses sont éteintes entre 1 heure et 6 heures du matin. Au-delà de 800 000 habitants, les dispositions quant à l’extinction de l’éclairage extérieur sont fixées par le règlement local de publicité. (Article R581-35 code de l’environnement)

Lorsqu’une activité cesse ou commence entre minuit et 7 heures du matin, les enseignes sont éteintes au plus tard une heure après la cessation d’activité de l’établissement et peuvent être allumées une heure avant la reprise de cette activité.

Eclairage des bureaux, des vitrines, et illuminations de façades

Depuis le 1er juillet 2013, les commerçants et les bureaux des entreprises doivent éteindre à la fois l’éclairage intérieur émis vers l’extérieur des bâtiments ainsi que l’éclairage des façades de bâtiments.

Les bâtiments concernés :

Les bâtiments accueillant des activités telles que le commerce, l’administration, les transports, les activités financières et immobilières, les services aux entreprises et services aux particuliers, etc. sont soumis à une nouvelle obligation quant à leur période d’éclairage qui doit ” correspondre au temps de présence des personnes dans l’espace “.

Certains bâtiments peuvent être mixtes c’est-à-dire pour partie résidentiels, et pour partie non résidentiels (locaux à usage professionnel en rez-de-chaussée par exemple). Dans ce cas, seule la ou les parties non résidentielles sont soumises aux dispositions de l’arrêté du 25 janvier 2013

Horaires d’extinction :

    • les éclairages intérieurs de locaux à usage professionnel doivent être éteints une heure après la fin de l’occupation,
    • les illuminations des façades des bâtiments doivent être éteintes au plus tard à 1 heure du matin,
    • les éclairages des vitrines de magasins de commerce ou d’exposition doivent être éteints au plus tard à 1 heure du matin ou une heure après la fin de l’occupation de ces locaux si celle-ci intervient plus tardivement.

Horaires d’allumage :

    • les éclairages des vitrines de magasins de commerce ou d’exposition peuvent être allumés à partir de 7 heures ou une heure avant le début de l’activité si celle-ci s’exerce plus tôt,
    • les illuminations des façades des bâtiments ne peuvent être allumées avant le coucher du soleil.

Il est prévu dans les textes la possibilité de déroger à ces obligations pour les façades et les vitrines : la veille des jours fériés chômés, la période des illuminations de Noël, lors d’événements exceptionnels à caractère local, dans des lieux présentant un intérêt touristique exceptionnel.

Le point sur les lampes

Choisir les lampes en fonction des locaux à éclairer

La qualité de la lumière émise par une lampe dépend de la couleur apparente (dite température de couleur) de celle-ci : jaune orangé, neutre, blanc bleuté. Le choix de la température de couleur est fonction de l’ambiance recherchée qui dépend du type d’activité pratiquée dans les locaux pour assurer un bon confort visuel.

Le rendu des couleurs traduit la capacité des lampes à restituer la couleur “naturelle” des objets. Il est exprimé par l’indice de rendu des couleurs (IRC) dont la valeur de référence est 100. Un bon IRC (supérieur à 80) est indispensable dans toutes les activités liées au contrôle des couleurs (peinture, textiles, etc.). Attention : des lampes de même température de couleur peuvent avoir des IRC différents et inversement.

Pour permettre la réalisation d’économies d’énergie, la réglementation prévoit des dispositions spécifiques pour les lampes. Elle impose notamment le retrait des lampes à incandescence et un étiquetage énergétique.

Obligation de retrait des dispositifs les plus polluants

Le retrait des lampes à incandescence est prévu par deux règlements européen relatifs à l’éco-conception des lampes, et c’est également un objectif du Grenelle de l’environnement qui prévoit un retrait de la vente depuis de 2009.

Les lampes à incandescence sont les ” ampoules ” dites classiques et les halogènes. Elles produisent 95% de chaleur dont seul 5% est transformée en lumière.

Un calendrier des échéances de retrait a été établi :

Echéance Interdiction
Septembre 2009 Ampoules à incandescence de 100 W ou plus ainsi que toutes les mêmes ampoules mates
Septembre 2010 Ampoules à incandescence de 75 W
Septembre 2011 Ampoules à incandescence de 60 W
Septembre 2012 Ampoules à incandescence de 40 et 25 W
Fin 2012 Toutes les ampoules à incandescence
2016 Toutes les lampes halogène et toutes les lampes ayant une classe d’efficacité d’énergie inférieure à “B”.

Obligation d’étiquetage énergétique

A compter du 1er septembre 2013, de nouvelles règles sont posées concernant l’étiquetage énergétique des lampes électriques et luminaires dans un but d’information et d’amélioration de l’efficacité énergétique.

Les lampes et luminaires concernés par l’étiquetage :

  • les lampes à filament
  • les lampes fluocompactes
  • les lampes à décharge et à haute intensité
  • les lampes LED et les modules à LED
  • les luminaires faisant fonctionner ces lampes

Les fournisseurs de lampes électriques et luminaires mises sur le marché doivent veiller à ce que les produits contiennent :

  • une fiche produit contenant les informations spécifiées sur l’étiquette ;
  • une documentation technique contenant les informations prévues par l’annexe 3 du présent règlement ;
  • une étiquette indiquant la classe d’efficacité énergétique de la lampe ou du luminaire.

Les distributeurs doivent s’assurer que ces obligations ont bien été respectées par les fournisseurs.